Il faisait chaud aux Marinières
Et nous n’avions rien oublié
L’eau était transparente
J’avais déjà faim
Avant de me baigner
Il fallait attendre je me souviens
Avant après
Attendre de digérer
A ne rien faire finalement
A presque en oublier la mer
Je m’occupais aux galets secs
Aux algues brûlées
Et ce petit paquet noir
Que j’ai cru faire disparaître
En le frottant doucement
Du bout de mon index
Il s’étalait de plus belle
J’en trouvais d’autres bien collés
Sur ma peau neuve
D’autres sans doute dans mon dos
Qui m’échappaient
Je n’étais pas inquiet
A l’eau tout cela disparaitrait
A l’eau tout disparaît
C’est l’heure, on y va, on se lève
C’est l’heure de la mer
Hélas !
Au plein soleil éclate la vérité !
Il s’en est mis partout !
Regardez ! Regardez !
Il fait encore chaud aux Marinières
Et l’eau parait bien claire
De la promenade un feu fanée
J’entends des rires francs des appels
Jeunes corps bruns immaculés
Je m’en vais à cette heure seul
Vers la jetée
A cette heure je n’ai plus que faire
Des algues sèches et des galets
Je n’attends plus l’heure de la mer
Je n’attends plus de digérer
Du bout de mon index
Je frotte doucement
Ce petit paquet noir
Qui continue de s’étaler
mai 2025